|
Forum Bruxelles-Francophone
Le forum de discussion francophone pluraliste et indépendant pour la solidarité Wallonie - Bruxelles et périphérie
|
Forum sur les problèmes communautaires en Belgique - Posté : Nouvelles lignes géostratégiques
|
Nouvelles lignes géostratégiques
|
|
| |
| Auteur |
Message |
François Barberis Résident permanent

Inscrit le: 05 Jan 2008 Messages: 437 Localisation: FRANCE SUD
|
Posté le: 08/11/2008 15:49 Sujet du message: Nouvelles lignes géostratégiques |
|
|
Nouvelles lignes géostratégiques
Après le passage de la crise bancaire et financière, jamais la Wallonie (et Bruxelles, mais dans une moindre mesure) n’ont semblé aussi proches de la France. Elles l’étaient déjà par leurs déterminants culturels et linguistique ; on sait combien la présence d’intérêts économiques et commerciaux français est importante en Wallonie (près de 40% du tissu industriel, la quasi totalité du marché de l’énergie, idem pour le réseau des grandes surfaces). Mais il restait un domaine dans lequel les intérêts belges prédominaient, quoique déjà entamés par AXA, c’était celui de la banque et de l’assurance. Ceci n’est plus vrai aujourd’hui. Selon les chiffres fournis par Fortis, la situation en décembre 2006 du marché de l’épargne populaire et de l’assurance vie était la suivante (http://www.fortis.be/FR/General/links.asp)
- Epargne courte (dépôts, livrets) : Fortis banque : 45 milliards d’€ en dépôt ; Dexia : 27 milliards d’€ ; KBC : 23 milliards d’€ ; ING, Argenta, Barclays, etc… 30 milliards d’€. Soit un total d’épargne courte des ménages de quelques 125 milliards d’€ en décembre 2006 (le tiers environ de la PIB belge).
- Epargne longue (assurance vie) : Fortis : 26,5% de parts de marché, Axa : 12,7% de parts de marché, Dexia : 10% de part de marché, Ethias 13%, KBC 15% (montants en volume non communiqués, mais dont ont peut penser qu’ils sont du même ordre, voire supérieurs à ceux de l’épargne courte, soit 125 milliards d’€ supplémentaires).
Ces chiffres valent pour l’ensemble du territoire belge. Ils confirment l’idée d’une très forte épargne, tant chez les Fr que chez les Fl. Et ils confirment l’analyse que le contrôle de cette épargne constitue un enjeu stratégique majeur.
Jusques récemment, cette épargne était majoritairement contrôlée par des intérêts locaux, principalement flamands (KBC, ING, Fortis), accessoirement bruxellois (via Dexia). Les wallons, malheureusement pour eux, n’ont jamais exercé un très grand contrôle sur leur propre épargne.
Quelle est la situation après le passage de cette crise qui a vu la reprise de Fortis Banque par BNP (à 75%) et la prise de contrôle de Dexia par la Caisse des dépôts ?
A eux trois, BNP-Fortis, Dexia et AXA détiennent et contrôlent désormais près de 53% de l’épargne courte et longue des belges, flamands et francophones confondus. S’agissant d’une moyenne, on peut penser que ce chiffre est plus proche de 70% en Wallonie et de 60% sur le territoire de Bruxelles et de 40% en Flandre.
A ce seul titre, on comprend mieux comment la Wallonie et Bruxelles, qui ne disposent pas d’un organisme financier autonome comme KBC l’est pour la Flandre, dépendent désormais, non seulement pour leurs finances publiques locales, mais aussi pour toutes sortes de projets privés, de décisions qui seront prises en dehors de leur territoire et principalement dans les sièges parisiens de ces organismes.
Cette situation, dont certains se réjouiront, est malsaine pour tout le monde. Elle est malsaine pour les wallons et les bruxellois qui, ne faisant pas partie de la République, ne peuvent agir via leur représentation politique sur les choix d’investissement et de réorientation de cette épargne collectée sur leur territoire, au bas de leur porte palière.
Elle est malsaine pour la France, en tant qu’état démocratique et républicain qui se voit reprocher toujours plus de manœuvres et de manipulations occultes, alors que, répétons-le, il n’y a pas de complot français contre l’épargne wallonne, bruxelloise ou belge, il n’y a pas de complot français contre la Belgique en général, mais simplement occupation d’un vide stratégique mis en lumière par la crise financière. En ce sens, il est outrageant de représenter la France comme un prédateur, alors qu’elle n’intervient dans le dossier belge que lorsqu’elle est sollicitée, et toujours comme amie de la Belgique.
Elle est malsaine pour l’état fédéral belge, qui, en autorisant la cession Fortis-BNP et la montée en contrôle de la CDC dans Dexia, a perdu ses principaux guichets auprès de qui il pouvait jusqu’à présent placer sans trop de difficultés ses propres obligations d’état émises pour couvrir le déficit budgétaire ou celui des transferts sociaux. On peut légitimement penser en effet que BNP-Fortis et le nouveau Dexia seront moins dociles que leurs prédécesseurs pour absorber cette masse considérable de titres de la dette fédérale belge, voire même qu’elles prendront toute sortes d’initiatives pour remettre en marché les titres déjà détenus, en raison des difficultés du marché interbancaire, ce qui aura un effet négatif considérable sur le Trésor belge, par la remontée (déjà sensible) des taux d’intérêts qui seront appliqués à la dette souveraine belge.
Cette situation est malsaine pour KBC et la Flandre, puisque le seul guichet désormais complètement ouvert au gvt belge pour placer sans trop de difficultés ses titres de la dette, c’est KBC, qui peut d’autant moins refuser que cette institution vient d’accepter 3,5 milliards d’aides en fonds propres. Or un amoncellement de titres de la dette souveraine belge dans les comptes de KBC serait rapidement mortel, et ont peut s’attendre à des réticences de plus en plus importantes de cette banque pour jouer ce rôle de pompier des finances publiques belge.
Elle est malsaine et même destructrice pour la solidarité interpersonnelle entre Nord et Sud du pays. Déjà, le nord est plus que réticent pour poursuivre ses transferts sociaux vers le sud, estimés selon les auteurs de 2 à 8 milliards d’€.. Ceci signifie que si cette réticence se poursuivait et s’amplifiait, ce qui est plus que probable, l’état fédéral devra se substituer au gvt flamand pour financer cette solidarité interpersonnelle (assurance maladie et retraite) à laquelle les gens du sud sont très attachés. Mais comment pourrait-il le faire autrement qu’en émettant de nouveaux titres de la dette que précisément KBC ne pourra pas absorber, sauf à exploser…, puisque le gvt flamand refuse déjà les subsides à son état central.
Les citoyens wallons et bruxellois qui croient encore à la possibilité de maintenir un flux financier suffisant entre nord et sud pour assurer la solidarité interpersonnelle, en fait le financement des retraites et des dépenses de maladie du sud par le nord, et sont prêts à assumer une solution confédérale pour peu que ces transferts soient maintenus et garantis, doivent aujourd’hui se convaincre que ce schéma est désormais infaisable, puisque les 2 principaux guichets auxquels pouvait s’adresser leur propre gouvernement sont réduits, voire fermés.
La crise a définitivement détruit la faisabilité du schéma confédéral belge comme une voie possible pour maintenir en vie la solidarité interpersonnelle nord-sud.
En ce sens le confédéralisme belge est une solution dépassée.
Il n’y a désormais que deux voies possibles pour reconstruire la solidarité interpersonnelle:
- le retour à un schéma unitaire et intégré ; c’est-à-dire la construction d’un vrai état avec disparition des gouvernements régionaux et la reprise en main de l’épargne nationale par un effort public de rachat des actifs, un vrai contrat national d’égalité et de solidarité entre les ex-communautés, une vraie sécurité sociale.
- la partition du pays, chaque région disposant de son épargne et organisant avec ses partenaires naturels la solidarité interpersonnelle comme contrepartie de l’intégration de son épargne dans un système plus vaste, néerlando-flamand pour la Flandre, français pour Bruxelles et la Wallonie qui en dépendent déjà respectivement à plus de 70% et 60%.
Comme on le voit, les lignes géostratégiques ont bougé en Belgique en raison de la crise. Ceci provient du fait que le marché de l’épargne n’est pas un simple carrefour d’offres et de demandes, comme le marché des biens agricoles ou industriels. C’est un lieu stratégique majeur sur lequel s’effectue le financement de l’état souverain, ce dernier demandant à l’organisme financier, banque ou compagnie d’assurances, en contrepartie de cette collecte, d’absorber les titres de la dette souveraine émis pour financer le déficit budgétaire courant. En voulant sauver Fortis et Dexia (ce qui était de sa responsabilité historique et ne saurait lui être reproché), l’état fédéral belge s’est démuni de son levier principal qui lui permettait de financer son déficit et sa dette. Il a placé cette fonction entre les mains d’opérateurs tiers qui ont leur propre logique et leur propre stratégie.
En s’ouvrant la poitrine pour sauver son système bancaire, comme le pélican s’ouvre le flanc pour nourrir ses enfants, le gvt fédéral a peut-être emprunté un chemin de non retour et les Wallons et les Bruxellois ont peut-être accompli plus qu’un pas vers de nouvelles solidarités avec la France.
François Barberis |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Greg Gourou

Inscrit le: 23 Fév 2008 Messages: 1943 Localisation: Bruxelles
|
Posté le: 08/11/2008 18:17 Sujet du message: |
|
|
| Merci François. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Dominique Lecomte Résident permanent

Inscrit le: 22 Déc 2007 Messages: 336 Localisation: Borinage
|
Posté le: 08/11/2008 18:46 Sujet du message: |
|
|
Analyse pointue et pertinente comme François Barberis en a l'habitude.
Merci François. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
zmodem Gourou


Inscrit le: 26 Fév 2008 Messages: 1283
|
Posté le: 08/11/2008 23:28 Sujet du message: |
|
|
| Il ne faut pas se faire d'illusions - le fait que ce soit l'Etat belge (et non la Région Flamande) qui soit volé au secours de KBC ne saurait changer l'état de fait que souligne F. Barberis. (note historique, qu'il connaît sans doute déjà: si l'ancrage d'ING est si important à Bruxelles est dû à l'absorption de la banque BBL (Banque Bruxelles Lambert) il y a une dizaine d'années.) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Bruxellois Gourou


Inscrit le: 07 Jan 2008 Messages: 3213 Localisation: BRUXELLES (Dépt de la Dyle), BELGISTAN
|
Posté le: 08/11/2008 23:54 Sujet du message: |
|
|
... notamment la BBL ! Il y eut aussi les AGF, la Metropolitan Bank, également devenues tantôt ING, tantôt Fortis.
J'étais client d'AGF et me suis retrouvé chez ING par l'intermédiaire de Record Bank  _________________ C'est avec la France que l'union fera la force ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
AgatheN Gourou


Inscrit le: 21 Jan 2008 Messages: 1247 Localisation: Bruxelles
|
Posté le: 09/11/2008 17:38 Sujet du message: |
|
|
Merci, Monsieur Barberis !
J'étais à la CGER avec toute ma famille, puis à la Fortis de plus en plus flamande ces dernières années et bientôt, nous aurons les étoiles vertes de BNP-Paribas - Fortis sur nos cartes de banque ! Quelle évolution ... _________________ Quand le coq wallon dit "Accordons nos violons", le lion flamand répond "Violons nos accords" ! Cela suffit ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
François Barberis Résident permanent

Inscrit le: 05 Jan 2008 Messages: 437 Localisation: FRANCE SUD
|
Posté le: 12/11/2008 13:39 Sujet du message: |
|
|
FORTIS :
J'essaye de reconstituer l'état de la situation juridique et judiciaire du dossier Fortis en recoupant les informations de presse et suis parvenu à l'analyse suivante. Merci éventuellement de me corriger.
L'assignation lancée par les actionnaires plaignants: Il s'agit d'une assignation en référé devant le tribunal de commerce de Bruxelles qui serait dirigée, non contre le gvt fédéral, mais contre Fortis Holding et son actuel management.
Ceci voudrait dire que pour l'heure, ni le gvt fédéral, ni BNP ne seraient concernés par cette assignation en référé. Si cette analyse est exacte, alors les commentaires de M. Leterme sur l'action de justice constituent bien une intrusion de l'exécutif dans le judiciaire. Seules en effet les parties au procès peuvent faire des déclarations publiques (ici, les plaignants et Fortis Holding). Or le gvt ne serait pas, dans cette hypothèse, partie au procès.
L'objet de l'assignation : C'est déjà beaucoup plus difficile à cerner. C'est vraisemblablement une demande de convocation d'une AG extraordinaire de Fortis Holdings avec demande de mise à l'ordre du jour d'un débat sur la transaction Fortis-gvt pour la Fortis banque et Fortis-BNP pour la branche assurance et vote sur des résolutions.
Ca pourrait être aussi la demande de nomination d'un mandataire ad hoc ou d'un expert avec mission de vérifier les conditions des deux transactions.
S'agissant de référé, il ne peut être question à ce stade d'une décision au fond. Tout au mieux des mesures conservatoires ou de régularisation.
Que peut-il en sortir : Le tribunal va vraisemblablement ordonner la mise à l'ordre du jour de l'AG des questions relatives au démantèlement de Fortis avec demande à l'AG -éventuellement sous contrôle d'un administrateur ad hoc- de se prononcer sur les accords conclus. Il est compétent pour ça s'agissant d'un conflit entre le management et une partie de ses actionnaires. Un report de l'AG prévue au début décembre est probable, pour des raisons purement matérielles de convocation. Peut-être en parallèle lancera-t-il une expertise judiciaire préalable à une décision au fond. Mais je crois pour cela qu'il attendra les résultats du vote de l'AG
Deux sorties possibles : l'AG entérine la double transaction Fortis Holding/gvt et Fortis Holding/BNP (branche assurance): alors c'est comme l'aurait dit W.S. "beaucoup de bruit pour rien". BNP sort renforcé, ainsi que le gvt fédéral.
L'AG rejette la double transaction. Alors là, ça va être du sport. La double transaction étant rejetée, les plaignants vont revenir devant le TC pour demander l'annulation. Mais Il faudra, pour obtenir qu'une telle décision de justice soit applicable, que toutes les parties soient assignées : Fortis Holding au travers de son management, le gvt fédéral, et BNP. Or il n'est pas du tout certain que la juridiction commerciale soit compétente pour juger de cette affaire qui dépendrait en France du tribunal administratif.
Le gvt actuel, compte tenu des recours et des questions de compétence, ne devrait pas être trop inquiété par cette procédure, mais il en sortira à terme affaibli.
Quant à BNP, la banque peut dormir sur ces deux oreilles. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Bruxellois Gourou


Inscrit le: 07 Jan 2008 Messages: 3213 Localisation: BRUXELLES (Dépt de la Dyle), BELGISTAN
|
Posté le: 13/11/2008 00:52 Sujet du message: |
|
|
Je ne suis pas spécialement versé dans les matières financières, François. Néanmoins, je pense que ton scenario tient la route.
Il se vérifiera bien vite en tous cas.
Merci beaucoup de cette contibution, pleine de clairvoyance, comme à l'accoutumée ! _________________ C'est avec la France que l'union fera la force ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
François Barberis Résident permanent

Inscrit le: 05 Jan 2008 Messages: 437 Localisation: FRANCE SUD
|
Posté le: 13/11/2008 01:47 Sujet du message: |
|
|
Merci à vous chers amis, André, Anne, Olivier, Zmodem, Eric et ceux que j'oublie. Vous m'encouragez à poursuivre.
Je pense que le gvt fédéral ne pouvait pas faire autrement que de racheter Fortis banque à Fortis Holding et d'en vendre 75% à BNP. Déjà le vendredi précédant la transaction, les rats avaient quitté le navire, signe qu'il n'y a avait plus de possibilité de financer les engagements court terme : la crise de liquidité absolue, et les engagements de Fortis se montaient à 2 fois la PIB belge.... pour 30/40 milliards d'€ de fonds propres. Il sera très intéressant de voir comment gvt va se retourner contre les anciens dirigeants de Fortis et ceux qui auraient commis des délits d'initié.
Ce faisant, le gvt a certainement sauvé son système bancaire, mais a brûlé ses vaisseaux. En effet en s'interposant entre Fortis et BNP il devient désormais presque impossible à la justice belge de déclarer nulle la transaction gvt-BNP. Donc pas de retour possible à la situation ante. Mais le gvt a pris trois risques majeurs : il a remis le contrôle de 40% environ l'épargne populaire belge entre des mains non belges; il a obéré ses possibilités de placer aisément les titres de sa dettes, alors qu'il va avoir un besoin accru de liquidités pour financer la solidarité interpersonnelle ou du moins la part que ne voudra plus prendre en charge le gvt régional flamand; enfin il a pris le risque qu'un recours soit introduit.
C'est ce 3ème risque qui vient de se matérialiser avec l'assignation en référé devant le TC de Bruxelles.
ce n'est pas le risque le plus important, même si c'est le plus médiatique.
En revanche, je prévois de graves soucis pour le gvt fédéral dans le financement de sa dette et des futurs déficits budgétaires. Je ne pense pas que BNP soit aussi docile que l'était Fortis pour absorber les titres qui vont être émis en quantité considérable, sauf à ce que BNP remette ces titres sur le marché (les revendent), ce qui ferait immédiatement augmenter les taux appliqués au gvt fédéral (les taux montent lorsque les cours des titres baissent).
Ne pouvant se financer aussi complètement qu'il le souhaiterait, le gvt fédéral va devoir trouver des solutions du côté de la branche flamande, la seule réellement solvable. Et c'est peut-être ce phénomène de vase communiquant qui va permettre à la situation de se cristalliser.
Il sera aussi très intéressant de voir comment le Trésor fédéral va demain financer sa nouvelle dette publique.
Il serait judicieux que les gvts régionaux wallons et bruxellois créent une structure financière commune (ou la réactive si elle existe déjà) en vue de se présenter ensemble devant Dexia et BNP aux fins d'obtenir de ces deux banques les ressources que vraisemblablement demain le gvt fédéral ne pourra leur attribuer. Ce serait vraiment un pas vers une solidarité francophone, car je ne pense pas que ces deux gvts pourront compter sur KBC. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Guillaume Gourou

Inscrit le: 09 Jan 2008 Messages: 1405
|
Posté le: 08/12/2008 13:05 Sujet du message: |
|
|
Rudy Demotte dans un chat a dit ceci :
| Citation: |
Le "trilogiport" de Liège est le bel exemple de la multimodalité. Nous avons déjà prévu des moyens financiers. Vous savez que les Pays-Bas lorgent vers Liège. Et que la France termine sa liaison Seine-Nord. Liège et la dorsale par voie d'eau wallonne sont donc un enjeu de transport durable évident
|
Apparemment il a bien compris la liaison fluviale dont vous parliez François. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
François Barberis Résident permanent

Inscrit le: 05 Jan 2008 Messages: 437 Localisation: FRANCE SUD
|
Posté le: 08/12/2008 14:18 Sujet du message: |
|
|
Merci Guillaume de cette info.
Tant mieux si cette analyse de l'itinéraire alternatif sud, passant par Liège, Charleroi et Lille pour aboutir à Dunkerque, fait son chemin.
Ceci pour la première dorsale.
Mais il y a aussi la seconde : celle venant de Barcelone et de Marseille. La connexion entre les deux flux se réalisant le long d'une ligne Charleroi Valenciennes
Cela ne m'étonne pas que les Néerlandais lorgnent vers Liège, puisque cette ville deviendrait la plateforme multimodale est récupérant les deux trafics,venant de Dunkerque, de Marseille-Barcelone et celui venant de Rotterdam : c'est vraiment un coup de génie, car ainsi les néerlandais plomberaient Anvers, le premier concurrent de Rotterdam, et récupèreraient les trafic vers le sud. D'une pierre 2 coups.
Les néerlandais ont compris qu'ils auront du mal à recevoir les immenses porte conteneurs. Le port de Rotterdam, comme celui d'Anvers n'offre qu'un tirant d'au de 13/14 m, alors que celui de Dunkerque offre 25m. En plus il est soumis à ensablement et ils manquent d'espace pour stocker les EVP. Liège et Charleroi-Valenciennes deviennent donc 2 noeuds de convergence et d'éclatement des trafics. Une situation géostratégique formidable, aux portes de Bruxelles qui trouvera là un nouvel essor.
Il est bien évident que l'intérêt des flamands est de faire échouer cette conjonction, car c'est l'avenir d'Anvers qui serait compromis si cet axe sud était réalisé.
Surtout si cet axe, fondé sur le ferroutage, était doublé d'un axe fluvial avec des barges pouvant transporter 4 à 5000 EVP. Mais pour cela, il faudrait vraisemblablement détourner le canal Albert et récupérer toutes les eaux des Ardennes.
C'est pourquoi ce projet exige, pour sa finalisation, que Wallonie et espace bruxellois fonctionnent de manière intégrée avec le Nord Pas de Calais.
Les intérêts sont convergents entre la France, la Wallonie, Bruxelles-capitale et les Pays bas.
Il ne faut jamais oublier que la Manche est la première route maritime mondiale en termes de trafic de marchandise : c'est là qu'est le gisement de croissance et d'emplois. C'est par rapport à ce flux que doivent être imaginées les politiques économiques de relance, et non pas en relançant la consommation des ménages -ce sera dans une 2ème étape.
Tant mieux si les décideurs wallons en prennent conscience. Le plus vite sera le mieux.
Il faut 20/30 milliards d'€ pour réaliser ce programme logistique. C'est peu pour un ensemble formé des PB, de la France et de la Wall. C'est hors de portée pour la Belgique ou pour la Flandre, et bien entendu encore plus pour la seule Wallonie.
L'avenir me paraît donc bien tracé. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Bruxellois Gourou


Inscrit le: 07 Jan 2008 Messages: 3213 Localisation: BRUXELLES (Dépt de la Dyle), BELGISTAN
|
Posté le: 09/12/2008 00:07 Sujet du message: |
|
|
| François Barberis a écrit: | Merci à vous chers amis, André, Anne, Olivier, Zmodem, Eric et ceux que j'oublie. Vous m'encouragez à poursuivre.
Je pense que le gvt fédéral ne pouvait pas faire autrement que de racheter Fortis banque à Fortis Holding et d'en vendre 75% à BNP. Déjà le vendredi précédant la transaction, les rats avaient quitté le navire, signe qu'il n'y a avait plus de possibilité de financer les engagements court terme : la crise de liquidité absolue, et les engagements de Fortis se montaient à 2 fois la PIB belge.... pour 30/40 milliards d'€ de fonds propres. Il sera très intéressant de voir comment gvt va se retourner contre les anciens dirigeants de Fortis et ceux qui auraient commis des délits d'initié.
Ce faisant, le gvt a certainement sauvé son système bancaire, mais a brûlé ses vaisseaux. En effet en s'interposant entre Fortis et BNP il devient désormais presque impossible à la justice belge de déclarer nulle la transaction gvt-BNP. Donc pas de retour possible à la situation ante. Mais le gvt a pris trois risques majeurs : il a remis le contrôle de 40% environ l'épargne populaire belge entre des mains non belges; il a obéré ses possibilités de placer aisément les titres de sa dettes, alors qu'il va avoir un besoin accru de liquidités pour financer la solidarité interpersonnelle ou du moins la part que ne voudra plus prendre en charge le gvt régional flamand; enfin il a pris le risque qu'un recours soit introduit.
C'est ce 3ème risque qui vient de se matérialiser avec l'assignation en référé devant le TC de Bruxelles.
ce n'est pas le risque le plus important, même si c'est le plus médiatique.
En revanche, je prévois de graves soucis pour le gvt fédéral dans le financement de sa dette et des futurs déficits budgétaires. Je ne pense pas que BNP soit aussi docile que l'était Fortis pour absorber les titres qui vont être émis en quantité considérable, sauf à ce que BNP remette ces titres sur le marché (les revendent), ce qui ferait immédiatement augmenter les taux appliqués au gvt fédéral (les taux montent lorsque les cours des titres baissent).
Ne pouvant se financer aussi complètement qu'il le souhaiterait, le gvt fédéral va devoir trouver des solutions du côté de la branche flamande, la seule réellement solvable. Et c'est peut-être ce phénomène de vase communiquant qui va permettre à la situation de se cristalliser.
Il sera aussi très intéressant de voir comment le Trésor fédéral va demain financer sa nouvelle dette publique.
Il serait judicieux que les gvts régionaux wallons et bruxellois créent une structure financière commune (ou la réactive si elle existe déjà) en vue de se présenter ensemble devant Dexia et BNP aux fins d'obtenir de ces deux banques les ressources que vraisemblablement demain le gvt fédéral ne pourra leur attribuer. Ce serait vraiment un pas vers une solidarité francophone, car je ne pense pas que ces deux gvts pourront compter sur KBC. |
Exactement ! Il ne reste que la KBC pour financer la dette belge.
Tu le dis bien, François : ce n'est pas l'un des promoteurs de la "Warande" et l'un des chantres de l'indépendance flamande, en l'occurrence Remi Vermeiren (KBC), qui s'y prêtera, si j'ose dire.
Tout indique que, pour confectionner un budget 2009 quelque peu crédible (enfin), avec un déficit de 2 % (jugé acceptable), Leterminus Ier soit contraint de chercher son financement dans d'autres pays, limitrophes ou non (la Chine ?).
Un vrai challenge pour cette Belgique décrédibilisée déjà sur le plan international ...
Merci encore de tes contibutions éclairantes, François ! _________________ C'est avec la France que l'union fera la force ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Dominique Lecomte Résident permanent

Inscrit le: 22 Déc 2007 Messages: 336 Localisation: Borinage
|
Posté le: 09/12/2008 07:02 Sujet du message: |
|
|
Et on en arrive à l'initiative en gestation de la Région Wallonne qui envisage la création d'une banque d'investissement .........et à Magnette qui s'empresse de dire que cela revient à se tirer une balle dans le pied.
Il y a de belles empoignades en persectives. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Un Liégeois de Drogenbos Résident

Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 245 Localisation: Drogenbos
|
Posté le: 09/12/2008 14:52 Sujet du message: Re: Nouvelles lignes géostratégiques |
|
|
| François Barberis a écrit: | En s’ouvrant la poitrine pour sauver son système bancaire, comme le pélican s’ouvre le flanc pour nourrir ses enfants, le gvt fédéral a peut-être emprunté un chemin de non retour et les Wallons et les Bruxellois ont peut-être accompli plus qu’un pas vers de nouvelles solidarités avec la France.
François Barberis |
Un grand merci François Barberis pour votre apport précieux à ce forum. En toute humilité, n’étant pas économiste, j’avoue ne pas toujours comprendre les détails techniques de votre analyse. Mais peu importe. J’en retire l’essentiel du message : la France prend en mains les commandes économiques, commerciales et financières des wallons et des bruxellois. La crise, en détruisant la faisabilité du schéma confédéral belge, poussera inévitablement les francophones vers de nouvelles solidarités financières avec la France. Et la politique devra suivre l’économie, comme toujours. La porte vers la réunion s’ouvrira.
Le plus drôle dans cette histoire, c’est que personne n’a consciemment voulu cette situation. Le gouvernement belge a cherché dans la précipitation une issue de secours à la crise (FORTIS / Dexia). Et, la nature ayant horreur du vide, la France a occupé la place libre. C’est un peu comme si un marionnettiste mystérieux tirait les ficelles de l’Histoire. L’opinion publique majoritaire du moment (= la belgitude) ne forge pas l’Histoire, elle la subit.
Par ailleurs, s’agissant du trafic venant du sud et de Dunkerque et des perspectives de développement pour Liège et Charleroi dont Bruxelles pourrait bénéficier, je m’interrogeais justement dans un autre message sur un éventuel plan français pour une réorientation de l’économie à Bruxelles (et en Wallonie aussi bien sûr) ; vous m’avez fourni quelques pistes de réflexions. _________________ Les frontières naturelles de la France sont celles de sa langue. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|